35 days in NYC

Oct 30

Day 34

C’est avec la tete un peu lourde et les yeux qui collent que je me leve aujourd’hui… oui, aujourd’hui c’est un peu mon dernier jour. Mon dernier jour avec Graham.

Je suis un peu grognon mais je saute dans la douche, excitee a l’idee du programme qui m’attend. En plus, le soleil brille.

Ce matin, je vais au Brooklyn Flea Market, vers Atlantic Avenue. Dans un ancienne banque de Brooklyn, sont installes des petits createurs du quartiers, mais aussi des vendeurs de vetements vintage et des artistes. Bref les puces mais en mieux.

Je prends donc le metro et j’arrive devant cette immeuble immense, celui de la Williamsburg Savings Bank. Ou devrais-je plutot dire, une tour. Une tour qui etait, il y a encore peu (depasse cette annee par le Brooklyner), le plus haut immeuble de Brooklyn.

A l’interieur, c’est tout aussi impressionnant. Des petits stands sont alignes sur chaque cote, bien alignes.

Au sous sol, la porte blindee a ete consevee, et depuis l’etage, la vue est imprenable sur le hall principal.

Pensez a lever les yeux dans chaque lieu afin de profiter des magnifiques plafonds finement decores.

Et dans cette fameuse banque, j’ai trouve : 

-un faisan (?) empaille

-un petit chien en plastique avec un air de chukie

-une jolie collection de tissus a fleurs.

Une fois mon tour des stands termine, et l’integralite de mon budget shopping dans ma poche, je sors profiter du soleil dans les rues alentour. 

Sur ma route, j’ai d’ailleurs trouve le lieu parfait pour ma patisserie-librairie. Bon, les peintures sont a refaire, mais avec des rideaux, etageres et quelques fauteuils…

Cette apres-midi, c’est Graham qui prends les rennes et qui m’emmenent dans le fin fond du Queens voir un truc dement. Je n’en sait pas vraiment plus que ca. Ah si ca se trouve dans le parc de Flushing Meadows. Mais j’ai ete privee de recherche internet/guide de New York/questions en tout genre, afin d’avoir une vraie surprise.

On prend le metro pour un long, long, tres long voyage a travers Brooklyn. 

Et puis on descend… et on se retrouve a marcher au dessus des rails de train, sur une grande passerelle en bois. Tout le monde marche dans le meme sens, vers le parc je suppose. Moi, je suis

J’attends avec impatience de voir a quoi ressemble ce fameux parc meme si ma tete est ailleurs, deja dans l’avion peut etre.

J’apercois l’entree du parc, un peu desert. Il fait gris et le lieu possede la meme atmosphere qu’une maison abandonnee. De tous les cotes, des restes architecturaux de l’exposition universelle de 1964… des immeubles et creations futuristes qu’on a notamment pu voir dans la scene finale de Men in Black. 

Des familles sont reunies sur les pelouses, accompagnees de leur barbecue transportable, ou pas…des filets sont tendus entre les arbres, attendant que les equipes se forment, des joueurs de foot font le bonheur des petits vieux en ce dimanche gris et froid. Bref, un vrai parc americain un dimanche apres-midi.


Oct 25

Day 33

Samedi matin, reveil en douceur avec le soleil qui se faufile entre les lames de bois des stores de ma chambre.

Au programme aujourd’hui (enfin!), le ferry pour Staten Island et Snug Harbour. Je suis ravie et impatiente. Graham a quelque chose qu’il veut absolument me montrer. Il m’a dit que ca lui avait fait penser au jardin Albert Khan, ou je l’ai emmene plusieurs fois quand il etait a Paris.

Peter, Maren et Annie, une amie, passent nous prendre en voiture pour aller a South Ferry, prendre le ferry. On traverse le pont de Brooklyn, toujours sous le soleil.

On passe devant le chantier du World Trade Center et on arrive a Battery Park, toujours sous le soleil. La mer est calme et les touristes s’agitent sur la promenade. 

Un peu plus loin, des plaques gravees a la memoire des marines et autres combattants morts pour le pays.

Une fois la voiture garee, Peter et Graham nous rejoignent et nous allons tous a l’embarquement. Le trajet est gratuit… et ca se voit. Une foule se precipite a bord. Nous attendons et restons dans le fond du bateau pour pouvoir voir la ville en s’eloignant. 

J’adore ce genre de bateau, ou tous les passagers sont occupent leur temps de trajet comme ils peuvent. J’aime la nourriture bas de gamme servie a bord… En l’occurrence, le pop corn au beurre etait delicieux (!).

Je souris avec Graham mais quelques minutes plus tard, nous en viendrons aux mains pour une histoire de pop corn… Ah oui et derriere nous, en tout tout petit, la statue de la liberte. L’ascension ne sera pas encore pour cette fois.

C’est une vue incroyable de voir Manhattan depuis la mer, comme si les buildings sortaient de l’eau. C’est ce que j’aime ici, l’eau, partout, tout autour.

Le trajet passe bien trop vite et nous posons le pied sur Staten Island. Nous prenons le bus pour aller quelque part dans l’ile appele Snug Harbor. Un lieu de retraite pour les vieux marins avec tout ce qu’il faut. Une espece de petit village entre des murs.

Aujourd’hui, les jardins sont ouverts au public et les batiments sont recycles en lieux de loisirs ou de reunions pour les communautes habitants l’ile. Le lieu est immense et tellement calme qu’on a l’impression d’entrer dans un village fantome.

Nous ne sommes pas en avance alors nous traversons les pelouses jusqu’au jardin chinois, ou Graham voulait m’emmener.

Des la porte poussee, nous sommes sur un autre continent. Tout ici a ete importe de la-bas. Pendant que nous visitons, une reception de mariage s’organise… si je me mariais…

Je m’eloigne et traverse la foret de bambou. Le jardin chinois est en fait entoure d’un immense parc ou les gens viennent courrir avec leur chien ou s’assoir sur un banc pour discuter.

Le jardin ferme alors nous rejoignons la sortie pour deambuler pendant quelques heures dans Snug Harbour… jusqu’a la tombee de la nuit.

Le lieu semble avoir ete habite puis deserte soudainement. Plus un chat dans les rues… ni un ecureuil (ok, la j’exagere). 

L’eglise a ete transformee en salle de jeu pour les enfants et les jardins sont paradisiaques, mais pas un humain, ou presque.

Je suis meme allee jusqu’a me demander si les personnes que j’ai croisees aujourd’hui n’etaient pas des fantomes.

Pour le retour, meme chemin, meme bus… que nous devons attendre sur  un trottoir désert, dans une rue deserte. La nuit est tombée très vite et je bénis le fait d’avoir penser a mettre un legging dans mon sac, parce que oui, il fait froid sur cette ile.

De l’autre cote, Manhattan s’allume.

Apres avoir vu passer trois bus sans voyageur, des phares au loin annoncent notre salvation. Dans le bus se bousculent les jeunes de l’ile, en route pour la ville, des familles, des vieux… et nous, assis dans le fond, fatigues de notre journée, du froid qui est brusquement tombe et de nos estomacs vides et deprimes a l’idee de devoir recevoir une nouvelle fois du pop corn au beurre.

Arrives a la gare, nous apprenons que le prochain bateau part dans une heure. Affamee, je m’offre une soupe que je deguste avec le plaisir de quelqu’un qui n’aurait pas mange depuis une semaine (ce qui est bien sur totalement faux).

Assis tous les trois, nous regardons le hall se remplir de groupes de jeunes prêts a aller faire la fete dans Manhattan. Les jupes sont courtes et les talons hauts.

Un gamin portant des santiags leche le sol sous le regard de ses parents. Moi je mange mon cookie, que je partage avec Peter. Graham regarde le sien et ses yeux se voilent de regret quand il realise que j’avais raison. J’ai toujours su choisir le meilleur cookie. Il realise une fois de plus que j’ai (bien trop) souvent raison (!)

Au moment de monter dans le bateau, la foule se precipite vers l’avant pour avoir la vue sur la ville eclairee.


Day 32

Aujourd’hui j’ai rendez-vous avec Prudence pour passer l’apres-midi avec elle. On se retrouve en debut d’apres midi a la porte d’une galerie pour voir une exposition de photo de Bernhard Fuchs. 

Dans une petite galerie perdue sur le bord de l’hudson, une dizaine de photos de voitures par l’artiste. Prise principalement sur les routes et les parking deserts Allemands. Des modeles aux formes futuristes, ou non, aux couleurs pleines, temoins d’une epoque revolue, ou une voiture ne servait qu’a se deplacer.

Les prix ne sont pas tres eleves… et c’est avec regret que je passe la porte les mains vides. J’ai pourtant essayer de dire a Graham que ca me ferait vraiment (x4) plaisir… 

Le nez au vent, nous marchons vers le metro. Les premiere gouttes de pluie nous font ouvrir les parapluie. Nous allons d’un pas decide dans Greenwich village. Prudence nous emmene chez Jack’s, ou ils servent le meilleur cafe de New York. 

Faisons une petite pause dans le recit pour eclaircir cette affaire de meilleure cafe de la ville. Il s’avere qu’a peu pres 90 pour cent des cafes New Yorkais disent servir le meilleur cafe de la ville. Alors soit ils ont tous le meme cafe, et donc peuvent tous nous servir le meme discours, soit ils ont tous le meme conseiller en communication.

En route donc, sous la pluie, vers ce fameux cafe, apparemment tres celebre, pour son cafe. 

Nous arrivons devant ce tout petit cafe a la decoration industrielle, qui sent les grains fraichement moulus. Je prends donc un tchai. Oui, je suis francaise, le coup du cafe, moi, on ne me le fait plus! Je ne regrette pas, le tchai est delicieux.

On termine cette journee culture avec le Whitney Museum.

Une exposition de photos de Lee Friedlander (un de mes preferes), et des peintures de Charles Burshfield, dont la technique m’a vraiment impressionnee. 

Dommage que les photos soient interdites dans le musee… je n’ai pu qu’immortaliser les escaliers (en flou).

Quand nous sortons du Whitney, la nuit est tombee et nous nous dirrigeons vers Brooklyn, et The Brooklyn Pharmacy and Soda Fountain. Adorable petit cafe ou tu peux prendre ton after school gouter (verre de lait et sandwich beurre de cacahuetes+confiture), des glaces et des boissons maison.

Dans ce decor aux allures de vieille pharmacie, on trouve aussi des produits fabriques a Brooklyn par des petites entreprises. Et notamment le sirop de gingembre, fabrique a Brooklyn par un frere et une soeur, que je voulais absolument ramener.

Nous ne sommes pas restes longtemps, a mon grand regret, car j’aurais volontier deguste mon gouter a dix neuf heures…


Oct 11

Day 31

Ca fait quelques jours deja que j’ai prevu d’aller au Noguchi Museum… il fallait juste que je trouve le bon jour. Apparemment aujourd’hui n’est pas le meilleur… mais je suis partie pour alors je ne vais pas revenir en arriere. 

Cote praticite, pour s’y rendre, on a fait mieux. Surtout que se deplacer en metro dans Brooklyn de bas en haut (ou de haut en bas), c’est pas vraiment simple… ca ne se fait pas trop meme, enfin pas du tout, parce que, je me repete, c’est pas pratique.

On commence par chercher la ligne G pendant quelques quart d’heures…

On ajoute a cela le fait que je n’ai pas envie de depenser trop de sous dans les transports mais aussi et surtout, pas envie de passer par Manhattan pour revenir plus haut dans Brooklyn. Flemme+plus de sous=julie perdue dans Long Island City.

Heureusement que je me repere avec l’East River… et le Queensboro Bridge, que je reconnais, parce que sinon, je n’y serais probablement jamais arrivee. J’ai peut etre marche tout droit pendant une bonne heure, sous le ciel gris et lourd de ce jeudi.

En y repensant, j’ai peut etre emprunte un chemin pas tres sur… c’est Graham qui m’a fait peur apres coup. Mais je ne me suis pas sentie en danger, moi, alors je me dis que c’est tout aussi bien comme ca.

Apres une longue marche, donc, je croise trois touristes asiatiques et je me dis que je suis sur la bonne voie. 

En effet, j’arrive devant une facade en beton brut, et suis la fleche qui indique la petite porte d’entree…

Une fois le ticket d’entree achete, on entre dans une espece de hangard en parpaing ou sont expose des oeuvres en pierre et bois de monsieur Noguchi.

Le jardin est un havre de paix, et apres ma longue marche, je m’asssois sur un banc, retire mes chaussures et attends. Les bambous se frottent les unes contre les autres. Le temps est humide et lourd. Ma peau colle.

A l’interieur, de nombreuses oeuvres realisees sur toute une vie… des projets et des plans. Des realisations aux quatre coins du monde…

Quand je ressors, le temps s’est rafraichi, et le vent s’est leve. Je connais maintenant le chemin jusqu’au metro et la distance qui je dois parcourir. Courageuse, je marche contre le vent, seule sur les trottoirs de Long Island City.


Oct 10

Day 30

Mercredi matin, je me reveille avec une boule au ventre… je rentre dans une semaine et je n’ai pas encore fait le plein de cadeaux… j’en suis meme tres loin.

Je n’ai pas ete tres douee en shopping ici… en partie a cause des prix que me donnent la nausee, mais aussi parce que je prends toujours un temps fou (quelques jours/semaines/mois) a me decider.

Alors quand je me suis levee ce matin en pensant au shopping qui m’attendait… ca m’a donne la gerbe, pour faire simple.

Quelque lapins au chocolat vont m’aider a faire le plein d’energie. Ce sont de minuscules buscuits en forme de lapins, d’une marque qui vend aussi bien de la sauce salade que des pates, en passant par des boites de cereales. C’est au ble complet, c’est organique, ca croustille, mais surtout c’est bon et ce n’est pas le caissier de l’epicerie qui vous dira le contraire. J’ai epuise son stock en quelques jours. Depuis, les etageres restent vides…

Je prends le metro pour Manhattan et m’arrete a Union Square histoire de dejeuner chez Whole foods pour la derniere fois… Et puis la vue est plutot pas mal depuis le cafe du magasin.

Je sors donc du metro et la, comme a peu pres tous les jours, se tient un petit marche de legumes et autres produits biologiques… 

Je marche le long des etalages, me delectant des couleurs et des odeurs… je realise que tout ca va me manquer. La nature, les ecureuils dans les parcs et l’odeur des rues.

Je mange mon byriani+pois chiches a l’etage et je regarde la foule de Union Square quadriller la place a l’heure du dejeuner.

Rassasiee, je remonte Broadway a la recherche de mes fameux cadeaux… 

Je decide d’aller faire un tour au Rockefeller Center. Je sais qu’il y a pas mal de magasin, dont un JCrew… et j’ai envie de jeter un coup d’oeil aux articles en promotion, une derniere fois avant de partir. Comme ca, on pourrait penser que je suis sur le depart. Mais il me reste encore cinq jours. C’est juste qu’etant donne que ma carte de transport vient d’expirer, l’utilisation des transports en commun demande une longue reflexion… ben oui, c’est cher.

Le rockefeller Center, c’est un bloc d’immeubles qui possedent au rez de chaussee des grandes enseignes. Quand tu viens de la cinquieme avenue, tu penetres dans l’endroit par une allee de fontaines et parterres de fleurs. Le soleil brille, ca sent le printemps ici… l’homme d’affaire et le touriste.

Un bref tour de rayon chez Sacks… a force d’en entendre parler, j’etais curieuse de voir a quoi ca ressemblait. Prenez le magasin du printemps, ajoutez quelques miroirs et des sols en marbre… et aussi quelques dollars sur le ticket de caisse, vous y etes. Rien, donc, de fantastique.

Je suis passee devant un hotel dont l’architecture m’a pose un probleme visuel… comment cette association a-t-elle pu se produire?

J’ai ensuite prix le metro pour aller dans le quartier de Greenpoint, nord ouest de Brooklyn afin d’y trouver les chaussures de mes reves… devant lesquelles je bave chaque jour en allant sur le net. Il parait que cette boutique, Alter, en vend quelques modeles… 

Je descends a l’arret Greenpoint Avenue… et je me retrouve perdue, dans un quartier que je ne connais pas, et sans carte. Le probleme, voyez vous, c’est que toutes les cartes de mes guides s’arretent aux limites de Manhattan. Et moi, bien sur, je me suis dis que ca ne devait pas etre bien complique de se retrouver sans carte. Je me suis trompee, et perdue.

Je demande mon chemin et trouve cette fameuse boutique, qui n’a malheureusement pas les fameuses chaussures. 

Graham me retrouve et nous marchons sur Manhattan avenue jusqu’a retomber  sur Bedford. Se succedent patisseries et epiceries polonaises. Nous sommes ici dans le quartier polonais de Brooklyn. Ou tu peux quand meme trouver des magasins remplis de bibelos chinois, tenus par des chinois.


Oct 3

Day 29

Aujourd’hui Graham a un jour off alors il m’a dit de choisir ce qu’on allait faire. On va donc suivre mon plan a la lettre, parce que les plans, Graham, c’est pas son truc.

On commence donc par un petit brunch a l’americaine a la Bonbonniere, un petit dinner decouvert la premiere fois que je suis venue a New York. Situe dans Greenwich Village, l’endroit a la decoration tres modeste, sert des pommes de terre a sa facon, et des french (freedom) toast, beurres sur la moitie. 

Graham dit que les prix sont un peu eleves pour le type de nourriture… mais que c’est surement du au quartier… et puis raviver un bon souvenir, ca n’a pas de prix. 

On s’installe dehors, et degustent oeuf-patates-bacon avec plaisir, enfin surtout moi. Derriere nous, un homme et une femme parlent scenario de film. Ils sont ensuite remplaces par deux hommes plutot ages, qui ressemblent a Woody Allen avec quelques annees de plus et quelques cheveux en moins. 

Le temps est gris et menace de pleuvoir alors au programme aujourd’hui, retour au Museum d’histoire naturelle, avec plan et sans stress.

On prend le metro pour remonter vers le musee situe vers la 79eme si je me souviens bien… 

Ce qui est terrible dans ce genre de musee, c’est que tu cherches un truc que tu ne trouve jamais. Par exemple, j’ai jamais pu voir The squid and the whale se battrent… et la j’ai cherche les petites vitrines de petits bonshommes… pas moyen de mettre la main dessus. On a pourtant eu l’impression de faire tout le musee (sauf les squelettes de dinosaures, parce que je les avais deja vus et que Graham n’a pas montre d’enthousiasme particulier). 

On a donc probablement arpente 85 pour cent des couloirs du musee, vus baleines, ours, cerfs, et ecureuil (oui je sais c’est horrible, ne m’en parlez pas).

L’evolution des especes et la chaine alimentaire, des oiseaux qui decorent leur nids et des petits hommes poilus. On s’est arretes devant des masques incas en se disant que ca ferait l’affaire pour halloween… et traverse une foret tropicale. 

Quand nous sommes sortis, epuises, il faisait toujours gris.

Nous avons marche jusqu’au Dakota Building, la ou a ete assasine John Lennon… et nous sommes promenes sur Strawberry Field dans Central Park.

L’heure du gouter approchait et Graham a lu dans mon regard que je voulais aller chez Billy’s Bakery dans Chelsea… et comme aujourd’hui c’est moi qui decide…nous y sommes alles.

Lorsque je suis entree chez Billy’s, je suis entree au paradis.


Oct 2

Day 28

Le temps est tellement pourri aujourd’hui que je n’ai pas envie de mettre un pied dehors, et encore moins d’aller marcher pendant des heures dans la ville. On s’entend bien la, quand je dis pourri, c’est vraiment pourri. Pluie, vent, un ciel noir qui rappelle la tornade d’il y a deux semaines, et puis re-pluie sur le dessus pour le reste de la journee. 

Cette journee aurait pu etre terrible… mais j’ai eu une idee brillante, c’est le cas de le dire. Depuis quelques jours je lorgnais les ongles de Kelly, et je pensais a ce nouveau truc dont elle m’a parle. Un vernis gel-quelque chose qui tient des semaines sans s’ecailler. Je regarde mes ongles tristounets qui semblent m’appeler au secours. 

J’avais dit, oui, que je m’offrirait ce petit plaisir. 

Alors je l’ai fait. Je ne suis pas allee bien loin, un nouveau nail salon vient d’ouvrir au coin de la rue et c’est le plus loin que j’ai envie d’aller avec ce temps de m.

J’entre dans ce petit coin de paradis, fait de granite et de (faux) marbre. De fauteuils de massage et de mains devouees. Une jeune femme me demande ce que je veux, une manucure… mes ongles de pieds pleurent dans mes talons (seules chaussures impermeables que j’ai pris dans ma valise… toutes les autres ont de toute facon deja pris l’eau). Allez, va pour la totale. Je suis la pour me faire plaisir non?

Un jeune homme (oui, un mec dans un salon pour les ongles ca fait bizarre) m’escorte jusqu’au fauteuil de massage dans lequel je depose tout mon poids, prete a me detendre. 

Gommage, massage, hydratation, soin des cuticules, limage des ongles, grattage de la corne (j’ai beaucoup marche ces dernieres semaines…), bain a bulles, puis re-massage, cette fois ci aux pierres chaudes.

Il depose quelques gouttes de citrons sur mes pieds. Va savoir pour quoi… le principal c’est que ce soit beau. 

Apres les ongles de pieds, on passe aux choses serieuses avec ceux des mains… et le fameux nouveaux vernis gel qui tient des semaines sans s’ecailler (au moment ou je redige ce post ca fait deja deux semaines et demi et pas une seule ecaille). Apres quelques couches et quelques secondes de sechage, le resultat est parfait et mon moral est repasse au dessus de la limite critique. 

Je rends les tongs et repars le sourire aux levres. Il en faut peu (quelques dollars), finalement…

Malheureusement il pleut toujours et mon taux de sucre est bien trop bas. Alors je decide d’aller chez Bakeri. Je suis deja passee plusieurs fois devant cette boulangerie-salon de the, et je me suis toujours dit que c’etait le lieu parfait pour une apres-midi pluvieuse.

Je commande un latte et un banana-nut bread (espece de petit cake aux bananes et aux noix). Je m’assois a une petite table pres de la fenetre, pour pouvoir regarder les gens marcher sous la pluie.

Quand la serveuse depose ma tasse sur la table… le bonheur dans une tasse. Je me rechauffe les mains et le coeur avec mon latte bien chaud et retrouve le sourire (pour la deuxieme fois aujourd’hui) en croquant dans ma petit cake.

Je reste la, assise, a regarder la pluie tomber. Je me regale jusqu’a la derniere miette et me prepare a affronter la grisaille…

Je me promene un peu avant de rentrer et m’arrete sur le bord de l’East River. Sur l’autre rive, Manhattan disparait sous une brume grise et epaisse.

Ce soir Graham et moi retrouvons Maren et Peter pour aller manger une pizza.


Day 27

Le ciel est gris aujourd’hui et c’est dommage parce que nous prenons les velos pour aller sur Atlantic Avenue pour l’Atlantic Antic Festival, qui a lieu une fois par an. J’ai vu des affiche un peu partout et j’ai demande a Graham s’il connaissait, non, on peut y aller, oui.

C’est dans Brooklyn mais plus au sud. La rue part de l’East River et reviens dans Brooklyn sur une vingtaine de blocs. Juste pour que vous realisiez un peu l’ampleur de la manifestation.

Je ne sais pas vraiment a quoi m’attendre mais je sais que Arms, ce groupe que j’aime bien, joue for free dans la rue. Et qu’il y a d’autres scenes un peu partout.

Et puis je ne connais pas cette partie de Brooklyn alors c’est l’occasion de voir autre chose. Et a velo, c’est bien parce que je peux tout voir sur le chemin, par opposition avec le metro. Le seul probleme c’est que je n’ai pas encore trouve le moyen de faire du velo et prendre des photos en meme temps. Je pensais me faire un casque avec declencheur a distance… j’aurais probablement l’air stupide mais au moins j’aurais des photos de tout.

En route pour le festival, nous longeons les docks, certains encore en activites, d’autres en decomposition… un peu comme ces immeuble de rues fantomes. Pas beaucoup d’etres vivants dans cette partie de la ville, mais beaucoup de construction laissees a l’abandon, en decomposition.

Nous arrivons dans le quartier de Brooklyn Heights. Pour faire court, c’est un quartier riche. Ca se voit au premier coup d’oeil. Les immeubles possedent gardien et ascenceur. On se croirait dans Manhattan mais sans l’etre. Des familles avec poussettes, des jeunes couples propres sur eux et des personnes agees qui vendent sur les trottoirs les derniers tresors de leur grenier.

On gare les velos et on descends sur Atlantic Avenue. Ca sent la saucisse grillee et les dimanche en famille…

La foule est dense et coloree. On se fraie un passage jusqu’au bord des marchands et on remonte la rue en attendant l’heure du concert. De nombreux petits artisants du coin ont leur stand, beaucoup de bijoux, des ceramiques et surtout de la bouffe.

Quelques scenes, ca et la. Un groupe d’hommes, d’un age avance, chante des classiques du rock, des Rolling Stones a Bruce Springsteen. Tres en forme, ils enchainent les succes et rejouissent un public seduit.

On fait demi-tour pour aller voir Arms jouer, un peu plus bas sur l’avenue. On arrive alors que le concert est deja commence… mais pas depuis longtemps apparemment, parce qu’on est les seuls devant la scene, ou presque. J’imagine que c’est comme ca quand tu commences a jouer en public… tu te retrouves a jouer devant deux personnes qui se sont en fait perdues, et tu dois quand meme faire le show.

La foule s’amasse petit a petit et j’aime a penser que j’y suis pour quelque chose. Vous savez, vous voyez des gens qui ecoutent alors, curieux, vous decidez de vous arreter aussi…

Le concert termine, la faim se fait sentir. Apres tout, il est plus de seize heures et le dernier repas date de ce matin…

On passe dvant le stand de roll au homard mais la queue fait tout le bloc (comprendre bien trop longue pour la taille/le prix du sandwich. Douze dollars pour un pain a hotdog rempli de crabe de luxe, non merci. En deux boucher c’est expedie.

On passe notre chemin et malgre l’impression d’abondance, on remarque vite que tous les stands de nourriture se repetent a chaque bloc. Le choix est donc finalement limite si tu supprime le trop gras, et le trop sucre. On s’arrete aux falafel, croyant miser sur du sain. Ah ben ca pour etre sain, ca l’est. La serveuse nous remplit un pain sec de salade iceberg et pose trois boulettes de la taille d’une noix sur le dessus. Arrose le tout d’une sauce blanche sans gout et de trois aubergines qui se battent en duel. Le tout pour huit dollar, par sandwich, oui oui.

Decue et non repue, je m’attaque a ma key lime pie achetee plus tot. Graham lui, s’offre une glace a la confiture de lait.

On a trouve la chaussette la plus douce du monde (trop douce)…

Et puis nous sommes remontes sur nos bicyclettes pour rentrer avant la nuit. En faisant, tout de meme, un petit stop sur le bord de l’eau dans le quartier de Dumbo.

Nous avons termine ce dimanche fantastique dans une petite salle de cinema, situee au rez de chaussee d’un immeuble… pour y voir The man without a map de Hiroshi Teshigahara. 


Sep 29

Day 26

Aujourd’hui c’est le week-end, alors on prend le temps. Enfin quand je dis ca je parle surtout pour Graham. Je ne vais pas me plaindre, il prepare un petit dejeuner copieux a base de pain grille, confiture et beurre sale, le tout humidifie par un bon english breakfast. Sans oublier ses, maintenant celebres, cupeggs.      

Aujourd’hui nous allons a la plage, Rockaway Beach, dans le Queens. La ou se trouve aussi Rockaway Taco, le fameux, l’unique. Qui me fait saliver depuis des kois depuis que j’ai vu des photos sur le net. 

Jay, qui possede la voiture, attache sa planche de surf sur le toit, et nous partons sur la route des vacances, nos maillots de bains dans le coffre.

Sur la route, les banlieues se succedent et les sequelles de la tornade sont encore visibles. Quelques immeubles ont perdu une couche de leur facade. Pas bien grave quand on voit qu’il reste encore deux ou trois couche de faux bois/brique ou vrai plastique.

C’est marrant, on sentirait presque la mer se rapprocher quand les espaces se fond plus etendus, plus clairs. On passe sur un pont, remonte une colline, apercoit JFK, traverse des petites villes les pieds dans l’eau.

Et enfin, apres 45 minutes de voiture, nous voila arrives a la plage. Beaucoup de contructions nouvelles, les immeubles poussent comme des champignons mais quelques dunes bordent encore la plage, plus pour longtemps.

La plage est longue et peu profonde. Et c’est triste pour les surfeurs mais les vagues ne sont pas tres hautes. Mais deja trop hautes pour moi pour que je me mouille et me noie. Graham me dis qu’il suffit de plonger sous la vague quand elle arrive. Ah oui, cool.

Je me trempe un peu, l’eau est tiede, donc plutot chaude compare a l’eau de l’Atlantique de notre cote. La baignade est interdite car peu/pas surveillee et de nombreux surfeurs viennent ici, donc danger pour les baigneurs.

Je reste sur la plage avec les filles (nous avons retrouve des amis) et le chien. J’espere prendre des couleurs avant de rentrer et pouvoir regarder mes amis gris de haut (!)

Nous sommes restes tout l’apres-midi et vers six heures, alors que le soleil commence a se coucher, un nuage de fourmis volantes nous attaque. C’est un signe que c’est l’heure d’aller se regaler d’un, ou deux, ou trois tacos. Oui, c’est tout petit un taco.

Direction donc Rockaway Taco.


Sep 28

Day 25

Vendredi matin, je me leve d’assez bonne humeur, prete a croquer la vie a pleines dents. Prete pour le New Museum, et une nouvelle apres-midi shopping, cette fois destinee a trouver les cadeaux parfaits pour mes francais. 

Je prends le metro direction Manhattan, cote est. Je descends a l’arret spring street… existe-t-il un meilleur arret pour definir cette journee au gout de printemps. Oui il fait beau et chaud dans les rues de New York.

Je passe devant Rice to Riches qui a toujours le mot juste… mais il est trop tot pour un riz au lait, et puis la tout de suite, non.

Je marche vers Bowery avenue jusqu’au New Museum. Tres curieuse de voir de quoi a l’air ce fameux musee dont j’ai souvent entendu parle mais jamais visite. L’architecture du batiment detonne avec le reste du quartier. Je ne sais pas quoi en penser. De l’exterieur, je ne suis pas vraiment seduite… Ca fait un peu annees 80 avec le ”Hell Yes” aux couleurs de l’arc en ciel sur la facade.Ca m’ennuie un peu parce que le batiment en lui meme n’est pas mal.

L’interieur est tout a fait different et tres epure. De beton, de verre et de murs blancs. Je prends un ticket et on m’apprend que deux etages sur trois sont fermes pour installation d’expositions a venir. C’est donc moitie prix… pourquoi pas le tier du prix? Je decouvre en plus que l’acces a la terrasse se fait uniquement les week-ends. Parfait, nous sommes vendredi. J’y suis, alors j’y reste et je prends l’ascenceur jusqu’au premier.

J’arrive dans une salle remplie, mais vraiment, c’est le terme qui convient. De tableaux, dessins, ecrits, collages, videos, installations, sonores. Des sons dans tous les sens. J’avoue que je suis fatiguee avant meme d’avoir commence. La scenographie ressemble a n’importe quel autre musee d’art contemporain.

Je ne sais pas vraiment si j’ai pu apprecier l’exposition, troublee par cette accumulation. Quand je pense que j’aurai pu avoir deux autres etages a voir…

J’ai besoin d’air alors je redescends jeter un coup d’oeil a la boutique, on ne sait jamais. 

Au rez de chaussee, au fond, une installation d’une artiste au nom imprononcable couvre les murs. Je rentre dans une piece ou sont accroches des centaines de rubans de couleurs. Sur chacun est ecrit un veux. J’aime bien les oeuvres participatives. Je choisis donc un bracelet, et ecrit un autre voeux sur un bout de papier que je mets a sa place dans le mur. Parait que quand le bracelet est perdu/tombe, le voeux se realise. J’ai d’abord cherche une couleur qui me plaisait et vous ne devinerez jamais sur quoi je suis tombee… I wish to succeed in NY… c’est pas dingue ca? Comme le hasard fait bien les choses…

Je le porte depuis bientot une semaine et je n’ai fait que resserrer le noeud a chaque fois que le bracelet etait sur le point de se defaire. Pas moyen que je le perde. Quelqu’un a une explication psychologique a cela? Non en fait pas la peine, j’ai tout compris.

Le Roosevelt Island Tramway, j’en ai reve… et bien je peux continuer parce que c’est pas demain que je grimperai dedans. C’est ferme pour travaux, ca devait rouvrir en septembre… apparemment ca prendra un peu plus de temps. Je suis tellement decue/fatiguee que je m’assoie sur un banc et j’essaie d’imaginer comment toute cette journee aurait pu mieux se derouler.

Pour l’instant j’ai juste mal aux pieds.

Je termine ma journee sur Madison Avenue, a la recherche d’un autre Dean&Deluca… bien plus loin que ce que je pensais…

Je m’offre une part d’apple pie trop YUM (comme dirait Jay) et un bon the, et je prends le temps parce que la, tout de suite, j’ai toujours mal aux pieds.


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