Day 28
Le temps est tellement pourri aujourd’hui que je n’ai pas envie de mettre un pied dehors, et encore moins d’aller marcher pendant des heures dans la ville. On s’entend bien la, quand je dis pourri, c’est vraiment pourri. Pluie, vent, un ciel noir qui rappelle la tornade d’il y a deux semaines, et puis re-pluie sur le dessus pour le reste de la journee.
Cette journee aurait pu etre terrible… mais j’ai eu une idee brillante, c’est le cas de le dire. Depuis quelques jours je lorgnais les ongles de Kelly, et je pensais a ce nouveau truc dont elle m’a parle. Un vernis gel-quelque chose qui tient des semaines sans s’ecailler. Je regarde mes ongles tristounets qui semblent m’appeler au secours.
J’avais dit, oui, que je m’offrirait ce petit plaisir.

Alors je l’ai fait. Je ne suis pas allee bien loin, un nouveau nail salon vient d’ouvrir au coin de la rue et c’est le plus loin que j’ai envie d’aller avec ce temps de m.

J’entre dans ce petit coin de paradis, fait de granite et de (faux) marbre. De fauteuils de massage et de mains devouees. Une jeune femme me demande ce que je veux, une manucure… mes ongles de pieds pleurent dans mes talons (seules chaussures impermeables que j’ai pris dans ma valise… toutes les autres ont de toute facon deja pris l’eau). Allez, va pour la totale. Je suis la pour me faire plaisir non?


Un jeune homme (oui, un mec dans un salon pour les ongles ca fait bizarre) m’escorte jusqu’au fauteuil de massage dans lequel je depose tout mon poids, prete a me detendre.
Gommage, massage, hydratation, soin des cuticules, limage des ongles, grattage de la corne (j’ai beaucoup marche ces dernieres semaines…), bain a bulles, puis re-massage, cette fois ci aux pierres chaudes.
Il depose quelques gouttes de citrons sur mes pieds. Va savoir pour quoi… le principal c’est que ce soit beau.

Apres les ongles de pieds, on passe aux choses serieuses avec ceux des mains… et le fameux nouveaux vernis gel qui tient des semaines sans s’ecailler (au moment ou je redige ce post ca fait deja deux semaines et demi et pas une seule ecaille). Apres quelques couches et quelques secondes de sechage, le resultat est parfait et mon moral est repasse au dessus de la limite critique.
Je rends les tongs et repars le sourire aux levres. Il en faut peu (quelques dollars), finalement…


Malheureusement il pleut toujours et mon taux de sucre est bien trop bas. Alors je decide d’aller chez Bakeri. Je suis deja passee plusieurs fois devant cette boulangerie-salon de the, et je me suis toujours dit que c’etait le lieu parfait pour une apres-midi pluvieuse.


Je commande un latte et un banana-nut bread (espece de petit cake aux bananes et aux noix). Je m’assois a une petite table pres de la fenetre, pour pouvoir regarder les gens marcher sous la pluie.

Quand la serveuse depose ma tasse sur la table… le bonheur dans une tasse. Je me rechauffe les mains et le coeur avec mon latte bien chaud et retrouve le sourire (pour la deuxieme fois aujourd’hui) en croquant dans ma petit cake.


Je reste la, assise, a regarder la pluie tomber. Je me regale jusqu’a la derniere miette et me prepare a affronter la grisaille…
Je me promene un peu avant de rentrer et m’arrete sur le bord de l’East River. Sur l’autre rive, Manhattan disparait sous une brume grise et epaisse.


Ce soir Graham et moi retrouvons Maren et Peter pour aller manger une pizza.