Day 33

Samedi matin, reveil en douceur avec le soleil qui se faufile entre les lames de bois des stores de ma chambre.
Au programme aujourd’hui (enfin!), le ferry pour Staten Island et Snug Harbour. Je suis ravie et impatiente. Graham a quelque chose qu’il veut absolument me montrer. Il m’a dit que ca lui avait fait penser au jardin Albert Khan, ou je l’ai emmene plusieurs fois quand il etait a Paris.


Peter, Maren et Annie, une amie, passent nous prendre en voiture pour aller a South Ferry, prendre le ferry. On traverse le pont de Brooklyn, toujours sous le soleil.


On passe devant le chantier du World Trade Center et on arrive a Battery Park, toujours sous le soleil. La mer est calme et les touristes s’agitent sur la promenade.
Un peu plus loin, des plaques gravees a la memoire des marines et autres combattants morts pour le pays.
Une fois la voiture garee, Peter et Graham nous rejoignent et nous allons tous a l’embarquement. Le trajet est gratuit… et ca se voit. Une foule se precipite a bord. Nous attendons et restons dans le fond du bateau pour pouvoir voir la ville en s’eloignant.


J’adore ce genre de bateau, ou tous les passagers sont occupent leur temps de trajet comme ils peuvent. J’aime la nourriture bas de gamme servie a bord… En l’occurrence, le pop corn au beurre etait delicieux (!).



Je souris avec Graham mais quelques minutes plus tard, nous en viendrons aux mains pour une histoire de pop corn… Ah oui et derriere nous, en tout tout petit, la statue de la liberte. L’ascension ne sera pas encore pour cette fois.
C’est une vue incroyable de voir Manhattan depuis la mer, comme si les buildings sortaient de l’eau. C’est ce que j’aime ici, l’eau, partout, tout autour.

Le trajet passe bien trop vite et nous posons le pied sur Staten Island. Nous prenons le bus pour aller quelque part dans l’ile appele Snug Harbor. Un lieu de retraite pour les vieux marins avec tout ce qu’il faut. Une espece de petit village entre des murs.


Aujourd’hui, les jardins sont ouverts au public et les batiments sont recycles en lieux de loisirs ou de reunions pour les communautes habitants l’ile. Le lieu est immense et tellement calme qu’on a l’impression d’entrer dans un village fantome.
Nous ne sommes pas en avance alors nous traversons les pelouses jusqu’au jardin chinois, ou Graham voulait m’emmener.

Des la porte poussee, nous sommes sur un autre continent. Tout ici a ete importe de la-bas. Pendant que nous visitons, une reception de mariage s’organise… si je me mariais…




Je m’eloigne et traverse la foret de bambou. Le jardin chinois est en fait entoure d’un immense parc ou les gens viennent courrir avec leur chien ou s’assoir sur un banc pour discuter.




Le jardin ferme alors nous rejoignons la sortie pour deambuler pendant quelques heures dans Snug Harbour… jusqu’a la tombee de la nuit.


Le lieu semble avoir ete habite puis deserte soudainement. Plus un chat dans les rues… ni un ecureuil (ok, la j’exagere).

L’eglise a ete transformee en salle de jeu pour les enfants et les jardins sont paradisiaques, mais pas un humain, ou presque.


Je suis meme allee jusqu’a me demander si les personnes que j’ai croisees aujourd’hui n’etaient pas des fantomes.


Pour le retour, meme chemin, meme bus… que nous devons attendre sur un trottoir désert, dans une rue deserte. La nuit est tombée très vite et je bénis le fait d’avoir penser a mettre un legging dans mon sac, parce que oui, il fait froid sur cette ile.
De l’autre cote, Manhattan s’allume.
Apres avoir vu passer trois bus sans voyageur, des phares au loin annoncent notre salvation. Dans le bus se bousculent les jeunes de l’ile, en route pour la ville, des familles, des vieux… et nous, assis dans le fond, fatigues de notre journée, du froid qui est brusquement tombe et de nos estomacs vides et deprimes a l’idee de devoir recevoir une nouvelle fois du pop corn au beurre.
Arrives a la gare, nous apprenons que le prochain bateau part dans une heure. Affamee, je m’offre une soupe que je deguste avec le plaisir de quelqu’un qui n’aurait pas mange depuis une semaine (ce qui est bien sur totalement faux).
Assis tous les trois, nous regardons le hall se remplir de groupes de jeunes prêts a aller faire la fete dans Manhattan. Les jupes sont courtes et les talons hauts.
Un gamin portant des santiags leche le sol sous le regard de ses parents. Moi je mange mon cookie, que je partage avec Peter. Graham regarde le sien et ses yeux se voilent de regret quand il realise que j’avais raison. J’ai toujours su choisir le meilleur cookie. Il realise une fois de plus que j’ai (bien trop) souvent raison (!)

Au moment de monter dans le bateau, la foule se precipite vers l’avant pour avoir la vue sur la ville eclairee.
